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Adaptation au changement climatique /Adaptation aux fortes chaleurs

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Confrontés à une succession de canicules inédites, les territoires peinent à mettre en œuvre une adaptation au changement climatique et à, sur le terrain, transformer un patrimoine urbain pensé pour un autre climat.

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Confrontés à une succession de canicules inédites, les territoires peinent à mettre en œuvre une adaptation au changement climatique et à, sur le terrain, transformer un patrimoine urbain pensé pour un autre climat.

Les communes et intercommunalités doivent désormais d’anticiper les futurs épisodes de chaleur.

Le premier réflexe utile est le diagnostic de son territoire : la méthode "Local Climate Zone"du Cerema cartographie déjà la sensibilité aux fortes chaleurs de 12 000 communes dont la Seine-et-Marne, complétée par les outils Climadiag (Météo France) et Facili-TACCT, pour cibler les points chauds — cours d'école bétonnées, axes minéralisés, îlots de chaleur — avant d'agir.

Adapter le bâti public

Entre mesures d’urgence, permettant de répondre à la prochaine canicule, et programmes de long terme, calés sur un réchauffement global à +4°C, la diversité des réponses des collectivités dans l’adaptation au changement climatique témoigne de la difficulté à se saisir d’un sujet longtemps resté accessoire. Or, pour les collectivités, dont plus de 50% des édifices détenus sont des bâtiments scolaires, maintenir les écoles ouvertes est devenu une priorité.  En effet, près des deux tiers du bâti scolaire ont été construits entre 1950 et 1970, à une époque où le confort d’été n’était pas une préoccupation.

Par ailleurs durant longtemps, l’action climatique s’est concentrée sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation pouvant même être perçue comme un renoncement à cet objectif. Ainsi les travaux menés ces dernières années sur les bâtiments publics, écoles en tête, ont été pensés pour affronter le froid, mais pas les étés à venir.

Si le chantier de réadaptation des bâtiments publics semble démesuré et couteux, sur les écoles, crèches ou Ehpad, plusieurs interventions permettent de gagner plusieurs degrés sans reconstruire : peinture claire des façades et toitures, protections solaires (volets, brise-soleil, voiles d'ombrage), ombrage des cours par des arbres à feuillage caduc, amélioration de l'isolation, mise en œuvre de brasseurs d’air et ouverture nocturne des fenêtres. L’adaptation rapide d’une école par exemple peut représenter un investissement absorbable par de nombreuses collectivités, à condition de disposer d’un diagnostic précis.

Végétaliser : la solution la plus documentée

L'ombre des arbres peut faire baisser jusqu'à 7°C la température des surfaces exposées, et leur évapotranspiration ajoute un rafraîchissement naturel. Par temps de canicule, l'écart entre un quartier dense et un espace boisé peut dépasser 10°C. Nombre de collectivités en France ont fait ou font le choix de planter des arbres et de végétaliser les espaces publics, transformant aussi des cours d'école bétonnées en espaces de terre et d'arbres.

Sur le bâti, les toitures végétalisées de type "Oasis" abaissent jusqu'à 25°C la température de surface, pour un gain de 3 à 5°C à l'intérieur.

Désimperméabiliser, choisir les bons matériaux, mobiliser l'eau

Les revêtements clairs, à fort albédo, réfléchissent le rayonnement solaire au lieu de l'absorber. Remplacer le bitume par des surfaces perméables ou végétalisées — comme les "cours oasis" qui débitument les cours d'école — réduit l'accumulation de chaleur tout en créant des refuges pour les habitants les plus vulnérables.

L'eau joue le même rôle : bassins, fontaines, brumisateurs et noues (fossés végétalisés collectant les eaux pluviales) créent des microclimats plus frais. Certaines collectivités vont plus loin en explorant les réseaux de froid urbain, alimentés par la valorisation des eaux pluviales ou grises.

Combiner les solutions, prévoir dans les documents d’urbanisme

L'enjeu pour les élus n'est pas de choisir une seule solution mais de les combiner selon le contexte : désimperméabilisation et matériaux clairs pour un espace très minéralisé, densification de la canopée pour un quartier déjà arboré, toitures et façades végétalisées là où le foncier manque.

Cette démarche devra aller plus loin par une prise en compte dans le développement des territoires et l’intégration de la question climatique dans toutes les politiques publiques.

Début janvier, le gouvernement a inscrit dans le code de l’environnement la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, soit le seuil de référence auquel la France doit se préparer et qui permet d’intégrer cette perspective dans les documents d’urbanisme. Elle prévoit une hausse de la température moyenne dans l’Hexagone de +4°C en 2100 par rapport aux niveaux préindustriels.

Dans le cadre d’ID77, retrouver les offres suivantes :

Concernant les bâtiments publics, C06,

Concernant la végétalisation et la désimperméabilisation des espaces publics, C09, C86 et C79,

Concernant la plantation d'arbres, C08,

Concernant la valorisation de milieu naturel, C12,

Concernant la valorisation de cours d'eau, C20,

Concernant le diagnostic de territoire, C01, C80, C33,

et les documents d'urbanisme, C03, S21.

A vos lectures !

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